Tout ce qu'il faut savoir sur la tokenisation

Redigé par Thibaut Ingelaere – le 16 mai 2020 à 14:28

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Depuis quelques temps maintenant, l’utilisation de la tokenisation s’est imposée comme une véritable innovation dans le secteur du financement des start-ups. Protéiforme, ce procédé qui consiste à émettre des actifs sous forme de jetons “tokens” sur une blockchain et leur donner une valeur reconnue par ses utilisateurs, n’en est qu’à ses débuts.

La vague des Initial Coin Offering “ICO”

La première vague de la tokenization d’actifs est née avec la blockchain Ethereum qui a donné lieu à l’ère des ICO ou Initial Coin Offering. L’utilisation de la blockchain et plus particulièrement des smart contract “contrats intelligents” ont permis à un certain nombre d’entreprises, d’émettre et de vendre des jetons sur une blockchain pour financer leur projet, un kickstarter décentralisé et complètement débridé.

Par exemple, concernant les projets de type « protocole » ces émissions de jetons numériques, désormais nommés crypto-actifs, avaient beaucoup de sens car ils permettaient de mettre en place une valeur d’échange et surtout un mécanisme de vérification sur la blockchain en récompensant avec ces actifs, le travail de validation par une unité ayant une valeur monétaire, tout du moins ayant une valeur pouvant être échangée, dépensée, réinvestie.

Ce phénomène a pris une ampleur impressionnante en très peu de temps créant des centaines de projets idoines émettant leurs propres actifs avec des levées de fonds mondiales et des montants records d’investissement.

Le problème ? 98% des projets ayant émis leurs propres jetons n’ont pas délivré, les actifs émis sous forme de jeton ne valaient donc rien en l’absence de projet concret développé post financement et de lien juridique entre le détenteur de jetons et l’émetteur. Des actifs émis sans valeur, des projets parfois frauduleux et un marché artificiel.

Le résultat fut l’éclatement d’une bulle, faisant perdre beaucoup d’argent à la majorité des personnes ayant misé sur ces projets en achetant leurs tokens. Cela aurait pu s’arrêter là, mais un certain nombre de curieux et d’entrepreneurs y ont vu autre chose. Dans chaque crise on trouve des opportunités… La tokenisation n’allait pas en rester dans le monde crypto mais s’adapter pour offrir plus sécurité et un accès au capital de l’émetteur permettant d’offrir ses propriétés au monde l’investissement traditionnel.

Ces exemples de levées de fonds et d’échanges d’actifs tokenizés au niveau mondial de façon décentralisé a eu le mérite de financer des projets disruptifs qui n’auraient probablement pas trouvé de financement dans les circuits traditionnels, et surtout amené un nouveau paradigme : la technologie blockchain et les smart contrats permettent d’échanger n’importe quel type d’actif partout dans le monde 24 heures sur 24.

La naissance des Security Token Offering “STO” voués à transformer le marché de l’investissement

Restait désormais à appréhender comment réutiliser ce mécanisme pour l’émission d’actifs réels et pour créer une facilité d’échange sur des actifs jusqu’alors illiquides.

Alors que la bulle des ICO a éclaté, la plupart des participants sont d’accords sur le fait que le problème est lié à l’actif, non pas à la technologie blockchain, ainsi qu’à l’absence de responsabilité des émetteurs et de protection des investisseurs (ou plutôt des utilisateurs ces derniers n’ayant pas la qualité d’investisseurs puisqu’il ne s’agit pas de titres financiers). Les jetons émis sont des utility tokens (des jetons achetés, pour être utilisés pour utiliser un service qui 99% du temps ne sera pas développé, mais qui néanmoins peuvent être revendues aussitôt sur des places d’échanges permettant de faire une plus value… sur des actifs qui in fine ne vaudront rien…).

Le constat est cinglant, mais les promesses et les perspectives énormes, utiliser la technologie blockchain et les smarts contracts pour émettre des titres financiers et les échanger de façon décentralisée sur internet. Réinventer le monde du private equity, offrir des possibilités d’échange là où elles étaient inexistantes et bâtir de nouveaux marchés liés aux actifs financiers tokenizés.

On parle de security token (security au sens de la SEC, le gendarme financier américain, désignant un titre financier) car les tokens émis sont la représentation digitale des actifs financiers du monde juridique et financier traditionnel.

On peut distinguer ici plusieurs types de security token, ceux n’ayant pas la forme d’actifs financiers traditionnels mais donnant droit à la perception de droits financiers ou politiques, des titres plus hybrides en somme ; et ceux qui plus classiquement sont la représentation digitale d’actifs financiers utilisés par les entreprises, on parle alors de “tokenized securities” ou titres financiers tokenisés.

Réaliser sa levée de fonds sous forme de security token offering sur une plateforme comme Blockpulse, c’est dès lors tout simplement créer la représentation des actions de sa start-up sur la blockchain et émettre de nouvelles actions sur cette blockchain pour lever des fonds et permettre aux détenteurs de ces jetons numériques, cette fois ci investisseurs et donc actionnaires, de pouvoir les échanger beaucoup plus facilement.

Mais n’en restons pas là, les smart contracts ne permettent pas uniquement dans ce cadre d’émettre et de vendre un certain nombre d’actions pour financer son entreprise, ils permettent d’automatiser les process de conformité réglementaire comme par exemple la vérification d’un certain nombre d’informations nécessaires à l’identification et la protection des investisseurs, permettant de simplifier grandement les process de levée de fonds pour toute entreprise cherchant à se financer et facilitant les transactions.

Le caractère programmable de ces actions rend par ailleurs possible, grâce aux smarts contracts, une mise à jour en temps réel des tables de capitalisation et registres de mouvements de titres, les conditions de transfert également signifiant que les clauses contenues dans les statuts et pactes d’associés des entreprises peuvent être respectées et appliquées de façon automatique sans l’intervention de tiers.

On peut donc très simplement émettre des titres pour se financer, permettre une transférabilité et faire respecter automatiquement la réglementation financière applicable ainsi que les clauses régissant les relations avec les actionnaires existants de l’actionnariat digital.

L’avènement d’une liquidité sur les marchés non-côtés grâce à la tokenization d’actifs et à la technologie blockchain

Les régulateurs sont depuis, et peut être notamment grâce à la bulle des ICO, informés de ces nouvelles possibilités, et l’enjeu économique sous-jacent nécessitait de tenter de poser un cadre juridique sur ces nouvelles possibilités tout en respectant la réglementation en vigueur. La tokenisation d’actifs financiers est en marche et de nouveaux services pour les entrepreneurs et investisseurs vont dès lors pouvoir émerger.

On estime aujourd’hui à 600 millions d’euros le volume d’actifs financiers tokenizés, certaines études indiquent que le secteur de la tokenization d’actifs pourrait atteindre 1.2 trilliard d’euros d’ici 2024…

L’AMF a très tôt appréhendé le sujet et proposé un cadre alternatif à la réglementation financière actuelle lorsque cela est possible permettant d’innover sur ce marché et de créer de nouvelles perspectives d’échanges de titres financiers non-côtés et donc de croissance.

Chez Blockpulse, nous travaillons depuis 2 ans sur la tokenisation d’actifs pour saisir cette opportunité et bâtir un futur où les fondateurs de start-ups pourront lever des fonds et gérer leur actionnariat plus facilement moins cher et revendre tout ou partie de leurs parts plus simplement aux investisseurs.

Les investisseurs professionnels ne sont pas en reste, que ce soit pour faciliter leur fundraising, leur prise de participation ou tout simplement offrir une meilleure liquidité pour leurs limited partners, de nouvelles possibilités émergent et sont en passe de voir le jour.

Prenons un exemple : demain, les investisseurs pourront acheter une part de fonds tokenizé représentant les 10 meilleures fintech françaises ou européennes, miser sur la qualité du portefeuille d’un incubateur en achetant le token représentant la promotion d’un incubateur avec comme sous-jacent les actions des différentes start-ups et avoir beaucoup plus de souplesse et moins de risque sur leur stratégie d’investissement dans l’écosystème start-up.

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